
Votre voisin a poursuivi son entrepreneur. Votre collègue a découvert des infiltrations d’eau six mois après la fin des travaux. Votre beau-frère attend toujours qu’on corrige les fissures dans sa fondation. Ces histoires, vous les entendez partout — et elles vous empêchent peut-être de dormir avant même d’avoir signé quoi que ce soit.
La bonne nouvelle (et c’est une vraie), c’est qu’il existe des indicateurs concrets pour distinguer un entrepreneur sérieux d’un autre qui vous laissera avec des problèmes. Et non, je ne parle pas de son sourire ou de sa poignée de main ferme. Je parle de vérifications que vous pouvez faire vous-même, avant de sortir votre chéquier.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif. Les normes de construction et les exigences de licences varient selon les provinces. Vérifiez les réglementations en vigueur auprès de la Régie du bâtiment de votre province avant tout engagement contractuel.
L’essentiel sur la qualité en construction en 4 points
- La licence RBQ valide et les bonnes sous-catégories constituent le minimum absolu à vérifier
- Un chantier propre et organisé en dit plus long qu’un beau site web
- La garantie GCR couvre 1 an (malfaçons), 3 ans (vices cachés) et 5 ans (vices majeurs)
- Le contrat écrit détaillé reste votre meilleure protection en cas de litige
Licence et assurances : le minimum non négociable
Soyons clairs dès le départ : si un entrepreneur ne peut pas vous montrer sa licence RBQ en 30 secondes, vous pouvez arrêter la conversation là. Je ne dis pas ça pour être dramatique — c’est simplement la réalité. Au Québec, tout travail de construction dépassant un certain seuil exige que l’entrepreneur détienne une licence valide de la Régie du bâtiment.
Ce que beaucoup de propriétaires ignorent, c’est que cette licence comporte des catégories et sous-catégories. Un entrepreneur général peut avoir le droit de coordonner votre projet sans pour autant pouvoir toucher à l’électricité ou à la plomberie lui-même. Sur les chantiers que j’ai suivis dans la région de Montréal, j’ai vu des projets bloqués parce que l’entrepreneur n’avait pas la sous-catégorie requise pour une partie des travaux. Le pire ? Le propriétaire ne l’a découvert qu’à l’inspection municipale.

La vérification elle-même est gratuite et prend deux minutes. Vous entrez le nom ou le numéro de licence sur le site de la RBQ, et vous voyez immédiatement si la licence est active, quelles catégories sont couvertes, et s’il y a des antécédents disciplinaires. Franchement, si quelqu’un refuse de vous donner son numéro de licence, vous avez déjà votre réponse.
Les 5 vérifications à faire avant de signer
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Vérifier la licence RBQ active sur le registre officiel (numéro + sous-catégories)
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Demander une preuve d’assurance responsabilité civile en cours de validité
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Confirmer que les sous-catégories couvrent tous les travaux prévus
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Obtenir au moins 2-3 références de projets similaires récents
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Vérifier l’absence de plaintes ou sanctions sur le registre RBQ
Côté assurances, un entrepreneur sérieux devrait pouvoir vous présenter une preuve d’assurance responsabilité civile sans hésitation. Cette assurance vous protège si les travaux causent des dommages — à votre propriété ou à celle de vos voisins. Selon le projet de règlement RBQ mars 2025, le cautionnement exigé augmente d’ailleurs cette année : 30 000 $ pour un entrepreneur spécialisé et 60 000 $ pour un entrepreneur général. C’est un filet de sécurité supplémentaire pour vous.
Attention : Une licence RBQ valide ne couvre pas automatiquement tous les types de travaux. Si votre projet inclut de l’électricité, de la plomberie ou du gaz, vérifiez que l’entrepreneur possède les sous-catégories correspondantes — ou qu’il fait appel à des sous-traitants dûment licenciés.
Ce que vous révèle vraiment un chantier bien organisé

J’ai accompagné assez de propriétaires sur des visites de chantier pour vous dire ceci : l’état d’un chantier en cours en révèle plus que n’importe quelle brochure marketing. Les entrepreneurs sérieux que je connais ont une obsession pour l’organisation. Pas parce qu’ils sont maniaques, mais parce qu’un chantier bordélique, c’est un chantier où on perd du temps, où on abîme du matériel, et où on fait des erreurs.
Quand vous visitez un chantier de référence (et vous devriez en demander un), regardez si les matériaux sont empilés proprement, si les outils sont rangés en fin de journée, si les zones de passage sont dégagées. Une entreprise de construction qui respecte ces bases applique généralement la même rigueur à l’exécution des travaux eux-mêmes.
L’autre indicateur qui ne trompe pas : la communication. Un bon entrepreneur vous tient informé des avancements, des retards potentiels, des décisions à prendre. Il ne disparaît pas pendant trois semaines en vous laissant deviner ce qui se passe. Selon les fiches contrôle qualité APCHQ, les entrepreneurs membres utilisent des outils structurés pour superviser chaque étape du chantier — c’est ce niveau de rigueur que vous cherchez.
Le chantier de Martin : ce qui a mal tourné
J’ai suivi le dossier de Martin, un propriétaire de Longueuil, en 2023. Il rénovait le sous-sol de son duplex avec ajout d’une salle de bain complète. L’entrepreneur avait une licence RBQ — ça, Martin l’avait vérifié. Ce qu’il n’avait pas vérifié, c’était les sous-catégories.
L’entrepreneur n’avait pas le droit de toucher à la plomberie. Il l’a fait quand même. Résultat : l’inspection municipale a refusé d’approuver les travaux. Martin a dû faire reprendre toute la plomberie par un entrepreneur licencié, avec trois mois de retard supplémentaire. Le surcoût ? Environ 8 000 $, sans compter le stress.
Le pire dans tout ça : la vérification des sous-catégories lui aurait pris cinq minutes sur le site de la RBQ.
Ce cas n’est pas isolé. Sur les chantiers que j’ai accompagnés dans la grande région de Montréal, je constate régulièrement que les propriétaires ne demandent pas de références vérifiables avant de signer. Le résultat ? Des malfaçons découvertes plusieurs mois après la fin des travaux. Ce constat n’est pas généralisable partout, mais il revient assez souvent pour mériter d’être mentionné.
Contrat et garanties : protégez-vous avant de signer
Parlons argent et papiers (je sais, c’est moins excitant que de choisir la couleur des armoires, mais c’est ce qui vous sauvera si les choses tournent mal). Un contrat écrit détaillé n’est pas une formalité — c’est votre meilleure protection.
Ce contrat doit inclure la description précise des travaux, l’échéancier avec les étapes clés, les modalités de paiement (jamais plus de 10-15 % à la signature, en règle générale), et les conditions de modification en cours de projet. Si l’entrepreneur refuse de mettre quelque chose par écrit, considérez ça comme un signal d’alarme.
Côté garanties, le système québécois offre plusieurs niveaux de protection. Le plan de garantie GCR (Garantie de construction résidentielle) couvre les bâtiments résidentiels neufs avec des durées de couverture différentes selon le type de problème. Selon les durées garantie GCR octobre 2025, vous êtes protégé 1 an pour les malfaçons apparentes, 3 ans pour les vices cachés, et 5 ans pour les vices majeurs affectant la solidité du bâtiment.
| Type de garantie | Couverture | Durée | Condition |
|---|---|---|---|
| GCR – Malfaçons apparentes | Défauts visibles, finitions | 1 an | Construction neuve couverte GCR |
| GCR – Vices cachés | Défauts non apparents à la réception | 3 ans | Construction neuve couverte GCR |
| GCR – Vices majeurs | Problèmes affectant la solidité | 5 ans | Construction neuve couverte GCR |
| Garantie contractuelle | Selon termes du contrat | Variable | Dépend de l’entrepreneur |

Ce qui m’impressionne dans le système actuel, c’est le renforcement des inspections. Selon le Programme d’inspection GCR 2025-2029, toutes les habitations neuves seront inspectées 3 fois par la GCR durant les travaux, dont une inspection obligatoire avant la fermeture des murs. C’est une avancée significative pour détecter les problèmes avant qu’ils ne soient cachés.
Conseil pro : Gardez une trace écrite de toutes vos communications avec l’entrepreneur — courriels, textos, notes de réunions. En cas de litige, ces documents valent de l’or. Et n’effectuez jamais le paiement final avant d’avoir fait une inspection de réception complète avec liste des points à corriger.
Pour approfondir votre évaluation, consultez les critères d’évaluation d’un professionnel du bâtiment qui complètent les points abordés ici avec une perspective plus large.
Vos questions sur la qualité en construction
Comment vérifier si un entrepreneur est fiable avant de signer ?
Vérifiez sa licence RBQ active (avec les bonnes sous-catégories pour vos travaux), demandez une preuve d’assurance responsabilité civile, et contactez au moins deux références de projets similaires récents. Un entrepreneur sérieux n’hésitera pas à vous fournir ces informations. Si vous sentez de la résistance, passez votre chemin.
La garantie GCR s’applique-t-elle à tous les travaux de rénovation ?
Non, la garantie GCR couvre principalement les bâtiments résidentiels neufs (maisons, condos, immeubles à logements de 4 étages ou moins). Pour une rénovation majeure, votre protection repose sur le contrat signé avec l’entrepreneur et sur les garanties légales du Code civil du Québec concernant les vices cachés.
Que faire si je découvre des malfaçons après la fin des travaux ?
Documentez le problème (photos, dates, description) et contactez l’entrepreneur par écrit dans les plus brefs délais. Si les travaux sont couverts par la GCR, vous avez un délai maximum de 6 mois après la découverte pour dénoncer le problème. Pour les travaux non couverts par la GCR, les recours passent par les tribunaux civils — raison de plus pour tout mettre par écrit dès le départ.
Les certifications et labels sont-ils vraiment un gage de qualité ?
Ça dépend lesquels. La licence RBQ est obligatoire, pas optionnelle — c’est votre base. Les affiliations à des associations comme l’ACQ ou l’APCHQ indiquent généralement un engagement envers des standards plus élevés. Les données ACQ inspections qualité montrent un taux de satisfaction de 99,25 % chez leurs membres, avec en moyenne plus de 11 inspections par projet couvert. Mais ne vous fiez jamais uniquement aux logos sur un site web — vérifiez toujours directement.
Une fois vos critères qualité bien définis, l’étape suivante consiste à préparer votre budget avec réalisme. Pour éviter les mauvaises surprises financières, consultez nos conseils sur l’estimation des coûts de vos travaux.
Votre prochaine étape
Si vous ne devez retenir qu’une chose de tout cet article, c’est celle-ci : la vérification de la licence RBQ est non négociable. C’est la première barrière, celle qui élimine d’emblée les entrepreneurs qui n’ont pas leur place sur votre chantier. Tout le reste — l’organisation du chantier, la communication, les garanties contractuelles — vient après.
Les entrepreneurs sérieux ne craignent pas les questions. Ils s’attendent à ce que vous vérifiez leur licence, demandiez des références, et lisiez attentivement le contrat avant de signer. Si quelqu’un essaie de vous presser ou de minimiser l’importance de ces vérifications, c’est probablement qu’il a quelque chose à cacher.
Précisions importantes : Les exigences de licence et les garanties obligatoires varient d’une province à l’autre au Canada. Les montants et délais mentionnés dans cet article sont des moyennes constatées en 2024-2025 et peuvent évoluer. Chaque projet de construction a ses spécificités — en cas de doute, consultez la Régie du bâtiment du Québec ou l’organisme équivalent de votre province.